HMAR LIL

SOMNAMBULE

©Samir Ramdani

 Création prévue à l'hiver 2026

 

"L’envie de faire cette pièce c’est de libérer une parole, de raconter une réalité que je n’aurais jamais connue si je n’étais pas moi-même réfugiée et avant ça demandeuse d’asile.

Dans ce solo, je raconte des choses qui me sont arrivées avec poésie et brutalité des fois. Et de temps à autre dans le spectacle, je chante des chansons que j’ai écrites sur l’exil et mes ressentis.

L’histoire commence par une bonne nouvelle et un cauchemar. 

La bonne c’est d’avoir obtenu l’asile et le cauchemar c’est d’avoir plus la possibilité de repartir chez soi.

Quand chez soi devient juste des images dans la tête, on est obligé de les visiter souvent pour ne jamais oublier d'où on vient et qui on est…

Mon double est un pokémon parce que lui a cette capacité de circuler et de revivre des souvenirs, comme les manifs du printemps arabe, les rencontres à la préfecture, le village de ma grand-mère. Le pokémon peut se déplacer dans le temps et l’espace physiquement sans visa et sans passeport. 

Petite, le pokémon me faisait rêver de parcourir le monde et d'être puissante. Voir dans les dessins animés la puissance des pokémons m’a donné de la force. Même adulte, j’écoute le générique avant de passer un concours ou d’aller à un rendez-vous à la préfecture.  

Je dis aussi le manque d’espace et la non-possibilité de trouver sa place, ni dans les structures sociales, ni chez les bailleurs. Mon personnage va finir par trouver une chambre de bonne avec des sanitaires partagés sur le palier.

Je faisais du théâtre au Maroc et quand je suis arrivée en France j’ai voulu continuer. J’ai donc essayé d’intégrer des CPI (Classes Préparatoires Intégrées). J’ai passé mon premier concours avec le texte Manque de Sarah Kane. Je l‘ai choisie parce que la langue de Sarah Kane me parlait et je la comprenais même si je ne parlais moi-même pas super bien français. La force de ses paroles entre le manque, le désir et le désespoir me parle et fait écho pour mon personnage. 

Mon personnage parle des douleurs de son dos et de la maison qu’il porte dessus. 

Il parle de la préfecture et de la paperasse infinie, de l’envie de s’en sortir, d’avancer vite et bien. Je pense que beaucoup de jeunes et de gens en général peuvent se retrouver là."

Asmaa Samlali

 

Texte, conception et interprétation : Asmaa Samlali

Dramaturgie et regard extérieur : Karima El Kharraze

Création sonore : Lundja Medjoub

Composition, musique Live et régie son : Zoé Kammarti

Création et régie lumières : Myriam Adjallé

Scénographie : Cerise Guyon

Vidéo : Samir Ramdani

Assistanat à la mise en scène : Virgile L. Leclerc

Production : Pauline Delaplace

 

 

Production : Compagnie A Bout Portant

Coproduction :  L’Agora-Scène Nationale de l’Essonne

 

Avec le soutien du Festival Fragments, Collectif 12, Théâtre 13, Théâtre de Sartrouville, CENTQUATRE – Paris, Zef - Scène nationale de Marseille